Déconfinement: analyse du décret et conseils

Mis à jour : juin 7

Extrait de la newsletter de l'UFF (https://www.uff.cc)


Le 2 juin dernier, nous entrions dans une nouvelle phase de déconfinement qui s’accompagne de nouvelles dispositions réglementaires. La vie reprend peu à peu un air de normalité mais il ne faut pas oublier que si le nombre de nouveaux cas, d’admissions dans les services de réanimation et de décès sont en baisse, ils ne sont pas nuls et que le virus circule toujours.

Alors, entre envie de recommencer à jouer, celle de retrouver la joie du partage si essentielle à nos associations et nécessaire prudence, quelle est la limite ?


Que dit le décret ?

(décret 2020-663 du 31 mai 2020 à télécharger ici)


L’article 1 impose les mesures barrières (lavage des mains régulier, tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, ne pas se toucher le visage), la distanciation physique d’au moins un mètre entre deux personnes et le port du masque quand cela est impossible (Cf. Annexe 1).

L’article 3 (II.3°) interdit les rassemblements de plus de 10 personnes à l’exception des « établissements recevant du public dans lesquels l’accueil du public n’est pas interdit en application du présent décret ». Bref, c’est interdit partout par principe mais avec des exceptions.

L’article 27 précise que pour les établissements recevant du public, il faut obligatoirement mettre « en œuvre les mesures de nature à permettre le respect des dispositions de l’article 1 » quitte à en limiter l’accès. Il faut aussi afficher les mesures d’hygiène et de distanciation mentionnées dans ce même article. Enfin, il précise que « toute personne de onze ans ou plus porte un masque de protection dans les établissements de type L (NDLR : (salles d’auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple, donc nos salles de répétition) ».

C’est l’article 45 qui concerne nos établissements. Nous allons détailler chaque paragraphe.

I. « Dans tous les départements » les établissements de type R (enseignement) ne peuvent accueillir du public, exception faite des « établissements d’enseignement artistique spécialisé sauf pour la pratique individuelle ou en groupe de moins de quinze personnes ».

Le terme employé « établissement d’enseignement artistique spécialisé » peut porter à interprétation. En effet, il désigne dans les textes officiels les conservatoires (ainsi que les écoles d’art et celles de danse) labellisés par le ministère (CRC, CRI, CRD, CRR) et par extension les écoles non labellisées mais gérées par les collectivités territoriales. Il ne fait jamais référence aux écoles associatives.

On peut espérer tout de même une certaine compréhension de l’Etat mais rien n’est assuré. Dans tous les cas, il est conseillé de respecter la consigne « sauf pour la pratique individuelle ou en groupe de moins de quinze personnes » pour celles de nos sociétés qui ont en leur sein des activités d’enseignement.

II. Cet alinéa précise que les établissements de type L ne peuvent accueillir de public s’ils sont situés en zone orange.

III. Cette interdiction est levée pour ces même établissements situés en zone verte.

IV. Ce paragraphe dans sa rédaction fait référence surtout aux salles de spectacles, il intime dans les faits l’obligation de respecter les mesures de distanciation sociale.

V. Ici est rappelée l’obligation de port du masque dans tous ces établissements, sauf pour « la pratique d’activités artistiques ».

Par ailleurs, nous vous rappelons que les consignes d’aération, de désinfection des locaux et mise en place d’un sens de circulation évitant les croisements sont toujours en vigueur.


Que dit la science ?


Il n’est pas dans notre propos de commenter les résultats des différentes études sur l’aspect médical de la pandémie et de son traitement.

Les publications concernant la pratique artistique nous touchent plus particulièrement. Plusieurs études sont disponibles sur internet et le site de France Musique y consacre une page COVID 19


Ce que l'on sait sur la propagation du virus par la pratique musicale qui synthétise les résultats obtenus que ce soit pour la pratique de la musique en général mais aussi dans le cas particulier des instruments à vent avec les expériences commanditées par l’Orchestre Symphonique de Bamberg et l’Orchestre Philharmonique de Vienne.

La revue spécialisée Médecine des Arts a publié un article sur internet qui résume une publication « papier » très détaillé sur la question des pratiques instrumentales et chorales allant jusqu’à aborder le cas de chaque instrument. Le document complet est gracieusement mis à disposition ici.

Toutes ces recherches pointent le fait que les instruments à vent ne projetteraient pas forcément plus d’air, plus loin (et donc potentiellement des cellules virales) que la respiration normale.

Seule la flûte projetterait son flux d'air à 80cm. Il est toutefois conseillé de maintenir une distance de deux mètres entre les instrumentistes à vent. Le seul facteur de propagation aggravée potentielle résiderait dans les gouttelettes de condensation et de salive qui sont créées quand on souffle dans un instrument. Le traitement de la fameuse « eau » que le cuivres passent leur temps à évacuer de leurs instruments est donc à prendre très au sérieux.

Le sol où elle serait répandue doit être désinfecté mais il semble plus pratique, et prudent, de récupérer cette « eau » sur des pièces de tissus préalablement imbibées de produit virucide comme des lingettes désinfectantes ou dans des récipients contenant un tel produit (on pense immédiatement à de l’eau de javel au fond d’un gobelet jetable, par exemple). Pour ce qui est des instruments partagés, comme les percussions, l’utilisation de baguettes personnelles est de rigueur de même que le port du masque en intérieur. La sanctuarisation des postes, les percussionnistes ne passant plus des timbales aux claviers par ex, peut-être envisagée. Une désinfection consciencieuse avant et après chaque utilisation est vigoureusement recommandée. Le chef d’orchestre doit se tenir lui aussi à deux mètres des premiers rangs et porter un masque en intérieur. Alors que faire ? C’est maintenant qu’il faut appliquer le légendaire bon sens. Il va de soi que des concerts dans des salles spectacles et, a fortiori, des répétitions dans nos salles souvent bondées sont à proscrire, du moins avec un effectif complet et ce jusqu’à nouvel ordre. En tenant compte d’une distanciation adéquate, deux mètres (soit prévoir 4m² d’espace individuel pour chaque musicien), et en jouant en extérieur, tout semble par contre possible. Avec l’arrivée de beaux jours, la perspective est donc encourageante pour nos orchestres de vents et de percussions.

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